« L'œuvre d'art doit être conçue totalement et avoir pris forme dans l'esprit avant d'être réalisée. Elle ne doit rien contenir des circonstances formelles de la nature, des sens et des émotions. Nous voulons nous débarasser du lyrisme, du dramatique, du symbolisme et ainsi de suite. L'image doit être entièrement construite à partir d'éléments plastiques, c'est à dire de surfaces et de couleurs. Un élément pictural n'a pas d'autre sens que lui-même. »Theo van Doesburg
Tels les pop artistes à leur époque, je puise mon inspiration dans les images qui façonnent le paysage contemporain, si familier, des médias de masse: de la télévision au cinéma de divertissement en passant par les CD, les DVD et autres magazines people.
Mon travail tente de reproduire le processus par lequel ces images, dans le flot continu d'images et de slogans tramant l'espace médiatique (de masse), se voient sournoisement détournées de leur sens premier, comme si on tentait de dissimuler une réalité inavouable. Peut-être une insidieuse incitation à la consommation comme le suggérait à l'époque Baudrillard dans son livre "La société de consommation" ? On serait bien tenté, en effet, de penser que le message qu'on nous vend est subordonné au message qui fait vendre, tout particulièrement quand on entend M. Le Lay, ancien PDG de TF1, tenir les propos suivants: "Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible".
Quand on observe attentivement ces médias, on constate que la frontière entre le soi-disant contenu qu'ils véhiculent et la publicité, qui vient s'intercaler ça et là, s'amenuise de plus en plus, voire même disparaît. Désormais, il est même fréquent de voir l'un empiéter sur l'autre. On pense par exemple au film Matrix qui a servi de trame de fond pour une publicité pour le tout dernier modèle de téléphone portable Nokia, ou inversement à ces icônes du cinéma qui deviennent les ambassadeurs pour une boisson gazeuse, un parfum, ou bien encore une marque de café, what else?... Cet univers médiatique tend vers un continuum espace-publicité.
Que ce soit les images que l'on voit au journal télévisé, celles tirées des affiches de films ou de la presse people, mes sujets sont toujours traités avec humour: si je détourne l'image principale de son sens en lui juxtaposant des éléments publicitaires, slogans ou autres, je fais de même avec cette publicité par l'emploi de jeux de mots ou par l'introduction d'autres éléments ambigus, tournant ainsi en dérision toute la manigance des médias de masse.
Avant le vote de dimanche 10 juin, la liste des musiciens qualifiés pour le second tour au parlement du jazz Aucune qualité ne faisait défaut à Dakota Staton, vocaliste des Golden Fifties. Phrasé naturel; timbre de voix reconnaissable; présence scénique...
pour s'en libérer et regarder autour, ce pourrait être le bonheur du silence gagné. Dans l'espace entre elles deux s'écrivent les graphismes. Ecrire dans le non-sens sans se confronter à son sens, et commencer encore une phrase par un infinitif,...